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 Programme National de la Résistance

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montségur
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MessageSujet: Programme National de la Résistance   Sam 1 Avr - 14:11

[b]Programme d'action du Conseil National de la Résistance15 mars 1944 -Etabli en séance plénière du Conseil national de la Résistance, le 15 mars 1944, sous le nom de "Programme d'action de la Résistance ",
ce texte comprend deux parties : La première, la pluslongue, fixe un plan d'action immédiate la seconde,la plus courte, que nous reproduisons seule ici, traite de " Mesures à appliquer pour la libération du territoire ".
Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du CNR, proclament qu'ils sont décidés à rester unis après la Libération.
Afin d'établir le Gouvernement provisoire de la République formé par le général de Gaulle pour défendre l'indépendance politique et économique dela nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle

2° Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l'éviction dans le domaine de l'administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l'ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des Gouvernements decollaboration

3° Afin d'exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants du marché noir,l'établissement d'un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d'occupation, ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l'armistice par les Gouvernements de l'Axe et leurs ressortissants, dansles entreprises françaises et coloniales de tout ordre,avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable.

4° Afin d'assurer :
-l'établissement de la démocratie l'a plus large en rendant la parole au peuple français, par le rétablissement du suffrage universel
-la pleine liberté de pensée, de conscience et d'expression
-la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'Etat, des puissances d'argent et des influences étrangères
-la liberté d'association, de réunion et de manifestation
-l'inviolabilité du domicile et le secret de lacorrespondance
-le respect de la personne humaine
-l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi.

5° Afin de promouvoir les réformes indispensables :
a. Sur le plan économique :
-l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie
- une organisation rationnelle de l'économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l'intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l'image des Etats fasciste
- l'intensification de la production nationale selon les lignes d'un plan arrêté de tous les éléments de cette production
- le retour à la nation de tous les grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun,des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurance et des grandes banques
-
le développement et le soutien des coopératives deproduction, d'achat et de vente, agricoles et artisanales
- le droit d'accès, dans le cadre de l'entreprise, aux fonctions de direction et d'administration, pour les ouvriers possédant les qualités nécessaires, et laparticipation des travailleurs à la direction del'économie
b. Sur le plan social :
-le droit au travail et le droit au repos, notammentpar le rétablissement et l'amélioration du régime contractuel du travail
-un réajustement important des salaires et la garantie d'un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine
-la garantie du pouvoir d'achat national par une politique tendant à la stabilisation de la monnaie
-la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles,d'un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique et sociale
-un plan complet de Sécurité Sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les


Le contrôle CO.D.E.C., un outil cohérent pour l’évaluation des C.O.G.1procurer par le travail, avec gestion appartenant auxreprésentants des intéressés et de l'Etat
-la sécurité de l'emploi, la réglementation desconditions d'embauchage et de licenciement, lerétablissement des délégués d'atelier
-l'élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs améliorant et généralisantl'expérience de l'Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu'aux salariés de l'industrie, par un système d'assurance contre les calamités agricoles, par l'établissement d'un juste taux du fermage et du métayage, par des facilités d'accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par laréalisation d'un plan d'équipement rural
-une retraite permettant aux vieux travailleurs definir dignement leurs jours
-le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste
-une extension des droits politiques, sociaux,économiques des populations indigènes et coloniales
-la possibilité effective, pour les enfants français, de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable,non de naissance, mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.
Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l'efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple, la continuité del'action gouvernementale.L'union des représentants de la Résistance pour l'action dans le présent et dans l'avenir, dans l'intérêt supérieur de la Patrie, doit être, pour tous les Français, un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourraitfreiner leur action et ne servir que l'ennemi.En avant, donc, dans l'union de tous les Français rassemblés autour du CFLN et de son président, legénéral de Gaulle. En avant pour le combat. Enavant pour la victoire afin que vivre la France.Le Conseil national de la Résistance Comprenant :
-le Mouvement de Libération nationale (Combat,Franc-Tireur, Libération, France au combat,Défense de la France, Lorraine, Résistance)
-l'Organisation civile et militaire (OCM)
-Libération zone Nord-Ceux de la Résistance
-Ceux de la Libération
-la Confédération générale du travail-la Confédération française des travailleurschrétiensLes partis et tendances politiques suivantes :
-Parti communiste
-Parti socialiste
-Parti républicain
-radical et radical
-socialiste
-Parti démocrate populaire
-Alliance démocratique
-Fédération républicaine.[/
b]
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montségur
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MessageSujet: Programme National de la Résistance   Mer 5 Avr - 14:52

programme du Conseil National de la Résistance
CNR



Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n'a pas d'autre raison d'être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n'est, en effet, qu'en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l'image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du CNR, délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s'unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d'action immédiate contre l'oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.


I. Pan d'action immédiate

Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du CNR.

Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l'oppresseur hitlérien poursuit avec l'aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d'un million de prisonniers, par la déportation d'ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l'emprisonnement de 300.000 Français et par l'exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.

Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l'armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d'abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l'avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l'envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.

Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l'espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l'Europe, a placés dans leur volonté d'abattre l'Allemagne nazie, par le déclenchement d'opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l'épreuve décisive.

Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale (CFLN) pour qu'il mette tout en oeuvre afin d'obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d'ailleurs ne peuvent pas se contenter d'une attitude passive dans l'attente d'une aide extérieure, mais qu'ils veulent faire la guerre, qu'ils veulent et qu'ils doivent développer leur résistance armée contre l'envahisseur et contre l'oppresseur.

Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître; qu'après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l'offensive des Français contre l'ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.

Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l'ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l'union des patrons et des ouvriers, l'échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l'appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l'armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu'il doit poursuivre et accroître cette lutte.

En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du CNR.

Déclarent que c'est seulement par l'organisation, l'intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l'union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l'a dit le général de Gaulle, de l'insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le CNR, sous l'autorité du CFLN, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d'assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.

Ils ont l'espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l'état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l'aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l'ennemi commun, ainsi que l'a démontré l'exemple glorieux des patriotes corses.

Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l'armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.


--------------------------------------------------------------------------------

Pour mobiliser les ressources immenses d'énergie du peuple français, pour les diriger vers l'action salvatrice dans l'union de toutes les volontés, le CNR décide :

D'inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d'entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n'existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.

Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (CDL). Ils seront soumis à l'autorité des CDL qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d'action et la ligne politique déterminée par le CNR.

Le but des ces comités sera, à l'échelon communal, local et d'entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l'ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l'assistance active à l'égard des patriotes sous l'impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d'entraîner les Français qu'ils auront su grouper à l'action armée pour la Libération.

Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les CDL, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d'oppression et d'exploitation imposées par l'ennemi, de l'extérieur et de l'intérieur.

Ces comités devront :
1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l'ennemi et augmentant le potentiel humain de la résistance ;

2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de Darnand ainsi que les mouchards et les traîtres ;

3) Développer l'esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

4) Développer, d'une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés; d'autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d'obtenir l'augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l'ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d'alimentation, de chauffage et d'habillement ;

6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d'installations industrielles pour le compte de l'ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l'ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

Cool Défendre à l'intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l'Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.
Tout en luttant de cette façon et grâce à l'appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d'entreprises devront en outre :
a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l'Intérieur par l'accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des FFI, organisées milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l'encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l'ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l'établissement effectif de l'autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux FFI dont l'autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le CNR prescrit de l'état major national des Forces Françaises de l'Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

1) Donner ordre à toutes les formations des FFI de combattre dès maintenant l'ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d'armes et de munitions afin d'en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2) Faire distribuer les dépôts d'armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l'avenir immédiat ;

3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l'échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d'efficacité ;

4) Coordonner l'action militaire avec l'action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d'appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d'empêcher les réquisitions de vivres et d'installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l'occupant provisoire.


--------------------------------------------------------------------------------

Ainsi, par l'application des décisions du présent programme d'action commune, se fera, dans l'action, l'union étroite de tous les patriotes, sans distinction d'opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l'insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

Ainsi, par l'effort et les sacrifices de tous, sera avancée l'heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d'immenses richesses pourront être préservées.

Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d'entreprendre au lendemain de la libération la plus grande oeuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.
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montségur
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MessageSujet: L'Idéal de la Résistance   Sam 28 Oct - 22:14

Appel à la commémoration du 60e anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance du 15 mars 1944.

En mars 2004, une dizaine des plus grands résistants de France ont signé un appel à la commémoration du 60ème anniversaire do programme national de la résistance de mars 1944. Programme qui a permis, à la libération la mise en place de la sécurité sociale, des comités d’entreprises, la nationalisation du gaz et de l’électricité, entre autres. Les noms de ces résistants sont : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey. En mars 2004, avons-nous vu dans les grands médias la commémoration de ce programme ? Non ! Mieux, Le Monde, malgré ces grandes signatures, n’a pas publié dans ses pages « Horizons-débats », malgré des demandes pressantes, cet appel. Alors « Des Sous », modestement, est allé voir certains de ces résistants, de ces résistants que l’on comptera bientôt sur les doigts de la main.... Et là on se lamentera, et là on commémorera, là on parlera de leur combat sans voir peut-être encore une fois qu’ils combattaient, certes pour la libération de la France, contre le nazisme, mais aussi pour des lendemains meilleurs. Leur engagement était aussi politique, social: c’est sans doute ce que l’on voudra oublier. Aucun des résistants que vous allez entendre donc, dans la série d’émissions qui débute aujourd’hui, n’a moins de 80 ans. Et encore aujourd’hui, ils nous transmettent la flamme de la Résistance... à nous de la saisir !



"Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.

Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des " féodalités économiques " , droit à la culture et à l’éducation pour tous, presse délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau " Programme de Résistance " pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : " Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ".
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montségur
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MessageSujet: Re: Programme National de la Résistance   Sam 24 Mar - 15:10

Programme du Conseil national de la Résistance


Il y a soixante ans, l’ensemble des mouvements de résistance s’entendaient sur un programme à mettre en oeuvre sitôt le pays libéré de l’occupant hitlérien. Ce texte audacieux est à l’origine de nombreuses conquêtes sociales de la Libération, aujourd’hui remises en cause, quand elles ne sont pas tout bonnement démantelées, oubliées.


Le 15 mars 1944, il y a soixante ans, le Conseil national de la résistance (CNR) adoptait un programme novateur qui fait date dans l’histoire de la France contemporaine. Ce texte concis dessinait un pacte social inédit sur lequel notre pays a assis, trois décennies durant, sa reconstruction et sa prospérité. Dans sa première partie, la plus longue, il définit un « plan d’action immédiate » précis et méthodique, destiné à libérer au plus vite la nation de « l’oppresseur hitlérien » et des « hommes de Vichy ». Dans la seconde, il jette les bases d’une « République nouvelle » appelée à remplacer, dès « la libération du territoire », la « France nouvelle » vantée par la propagande pétainiste. Fait rare, ce projet très ambitieux, qui prônait « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale », était porté par un remarquable consensus. Élaboré dans la clandestinité, il avait été approuvé par toutes les composantes de la Résistance.Organisme chargé d’assurer en France la coordination des mouvements de résistance, des maquis, de la presse, des syndicats et des représentants des partis politiques opposés à Vichy, le CNR avait été voulu par le général de Gaulle. Ce dernier avait confié à Jean Moulin, son représentant en France depuis le 1er janvier 1942, la lourde tâche de réunir dans cette instance les nombreux groupes éparpillés de résistants, ayant peu ou pas de liens entre eux et encore moins de contact avec Londres, et de leur faire reconnaître la légitimité du chef de la France libre. Cette tâche est accomplie le 27 mai 1943 quand, au prix de précautions extrêmes, le CNR réunit tous ses membres ­ dix-neuf ­ dans un appartement du 48, rue du Four, au coeur du Paris occupé. Y participent, outre Jean Moulin et deux de ses collaborateurs connus au ministère de l’Air en 1937, Pierre Meunier et Robert Chambeiron, les huit représentants des mouvements de résistance : Pierre Villon du « Front national » (1), Roger Coquoin (« Ceux de la Libération »), Jacques Lecompte-Boinet (« Ceux de la Résistance »), Charles Laurent (« Libération-Nord »), Pascal Copeau (« Libération-Sud »), Jacques-Henri Simon (« l’Organisation civile et militaire »), Claude Bourdet (« Combat ») et Eugène Claudius-Petit (« Franc-Tireur »). Sont aussi présents deux syndicalistes, Louis Saillant (CGT) et Gaston Tessier (CFTC). Et six représentants des partis, les « familles spirituelles » comme on les appelle alors : André Mercier pour le PC, André Le Troquer pour les socialistes, Marc Rucart pour les radicaux, Georges Bidault pour les démocrates-chrétiens, Joseph Laniel pour l’Alliance démocratique et Jacques Debu-Bridel pour la Fédération républicaine. La participation de ces six-là avait longtemps été contestée par des mouvements de résistance peu désireux de voir renaître les partis, symboles d’un régime failli, la IIIe République, qu’ils ne voulaient pas se contenter de restaurer.
Moins d’un mois après cette réunion, Jean Moulin est arrêté à Caluire (Rhône). Pour d’évidentes raisons de sécurité, le CNR abandonne l’idée de se rencontree de nouveau en séance plénière et constitue un bureau exécutif de cinq membres, chacun représentant son courant et deux autres courants. C’est dans ces circonstances difficiles, impliquant de nombreux échanges de papiers et documents, que le CNR travaille à la rédaction de son programme. Son élaboration fut toutefois « particulièrement démocratique », assure Robert Chambeiron dans le témoignage inédit qu’on lira ci-après. S’il est malaisé d’imaginer aujourd’hui, à l’heure du téléphone mobile et d’Internet, les écueils simplement matériels que les hommes du CNR et leurs camarades ont dû surmonter pour aboutir au texte que nous connaissons aujourd’hui, on est aussi étonné par l’audace réformatrice de ce programme. Sans doute a-t-il fallu des circonstances exceptionnelles pour pousser des mouvements « conservateurs » à accepter un texte qui, pour la première fois dans l’histoire, donne sa dimension sociale à la République.
Le Général de Gaulle lui-même, s’adressant à l’Assemblée consultative provisoire à Alger en novembre 1943, avait donné le ton : « La France veut que cesse un régime économique dans lequel les grandes sources de la richesse nationale échappaient à la nation, où les activités principales de la production et de la répartition se dérobaient à son contrôle, où la conduite des entreprises excluait la participation des organisations de travailleurs et de techniciens, dont cependant elle dépendait. Il ne faut plus qu’on puisse trouver un homme ni une femme qui ne soient assurés de vivre et de travailler dans des conditions honorables de salaire, d’alimentation, d’habitation, de loisirs, d’hygiène et d’avoir accès au savoir et à la culture. »
De fait, le programme adopté le 15 mars 1944 et diffusé clandestinement sous le titre « les Jours heureux » ne se contente pas de rétablir les libertés civiles et politiques, dont le suffrage universel (2). Ce ne serait que le retour à la IIIe République. Ni même de prôner « une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales », formulation qui de nos jours peut sembler bien timide. Il réclame aussi « un ordre social plus juste » par « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie » et au contraire la « participation des travailleurs à la direction de l’économie ». Il demande, même si le mot ne s’y trouve pas, la nationalisation des « grands moyens de production monopolisés », des « sources d’énergies » et « richesses du sous-sol » ainsi que des assurances et des banques. Il prêche « un plan complet de Sécurité sociale », le « droit au travail » et la « sécurité de l’emploi », « la garantie du pouvoir d’achat », une retraite digne de ce nom, le droit à l’instruction... Enfin, et ce n’est pas sans rapport avec la volonté de museler les féodalités économiques et financières, le CNR veut « assurer la liberté de la presse, son honneur, et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères », rompant radicalement, sur ce point aussi, avec la situation qui prévalait avant-guerre.
Même si le souffle réformateur dont il était porteur est vite retombé, le programme du CNR a cependant été appliqué après la guerre. Et si les partis politiques, singulièrement la SFIO et le PCF, ont accepté dès 1945 d’étouffer l’aspiration sociale née du combat contre l’occupant hitlérien au nom de la nécessité de « relever la République », il n’en reste pas moins que nombre de conquêtes sociales de la Libération y trouvent leur socle : la Sécurité sociale, les retraites généralisées, les grands services publics, les comités d’entreprises, les lois sociales agricoles, le droit à la culture pour tous... À l’heure où ces conquêtes chèrement payées sont menacées ou démantelées méthodiquement au nom de la « nécessaire adaptation à la mondialisation », en un temps où les groupes financiers et industriels assoient de plus en plus leur pouvoir sur la presse, le riche héritage du CNR mérite de ne pas sombrer dans l’oubli.
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