ASSOCIATION HENRI LAGRANGE

Plan International d'Entraide SIEPS
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Paroles de GI...

Aller en bas 
AuteurMessage
grasse
Nouveau


Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 04/09/2005

MessageSujet: Paroles de GI...   Mer 2 Nov - 13:22

Le phénomène des blogs de soldats a pris de l’ampleur dès 2004, avec l’ouverture de salles Internet dans les camps militaires. Face au déferlement, l’état-major US a réagi. Aujourd’hui, de nombreux blogs sont rédigés sous la surveillance d’officiers ou des services de relations publiques de l’armée. Mais on trouve encore d’authentiques blogs de soldats.

CLIFTON HICKS

Tankiste au 1er régiment de cavalerie, stationné près de Bagdad. Octobre 2005.

J’ai vécu dans une jolie petite base baptisée camp Slayer ("tueur"). Elle était infestée de contractuels civils, de types des renseignements, des forces spéciales et d’ingénieurs que nous appelions les "alligators". Pour tous ces gens, c’était un endroit super, ils vivaient comme des rois dans la partie la plus agréable de la base, mais pour nous, les soldats, c’était nul.
Nous étions confinés dans la zone la plus merdique de la base, entre deux murs de ciment et un canal, à 2 kilomètres des installations de loisirs luxueuses dans lesquelles nous n’avions pas le droit d’entrer. Nous étions logés dans une vieille caserne irakienne, qui, en plus d’être mal construite, était, bien sûr, infestée de rats et d’araignées géantes. Nous mangions des bonbons et des rations militaires, et quand on avait trop faim on allait à la cantine avaler des saletés infâmes couvertes de mouches. (...) A 2 km, il y avait une excellente cantine tenue par une société privée qui servait des cheeseburgers, des crèmes glacées et plein de bonnes choses, mais nous n’avions pas le droit de manger là-bas. Si on se faisait piquer, on nous jetait dehors (...), notre commandant nous a même menacés de sanctions graves.

(...)

Un jour, nous avons reçu l’ordre d’aller discuter avec des imams dans toutes les mosquées locales. (...) Le premier imam que nous avons rencontré a été assassiné le lendemain. Eh bien, le même jour, nous sommes allés discuter avec deux autres imams de la même façon, et eux aussi ont été assassinés le lendemain. J’ai compris ce qui se passait et j’ai essayé d’en parler à tout le monde, mais en vain. (...) Nous sommes allés voir d’autres imams, avec le même résultat. Finalement, notre lieutenant en a parlé au commandant et ces missions ont été arrêtées. Ce soir-là, notre cinquième imam a été assassiné.

(...) De temps en temps, on enfonçait une grille avec un char et on faisait un raid dans une maison. En général on se trompait d’adresse, et quand on trouvait la bonne, les types que nous cherchions avaient été avertis et s’étaient enfuis depuis longtemps. Alors on traînait dans le coin jusqu’à ce qu’on trouve un ou deux jeunes types avec l’air un peu suspect, on les attachait, on les déshabillait et on les emmenait. On tabassait beaucoup de gens, mais on leur tirait rarement dessus.

www.optruth.com

COLBY BUZZELL

26 ans, mitrailleur dans une unité de blindés basée à Mossoul. Pendant l’été 2004, il a écrit plusieurs centaines de pages sur son blog. Grâce à son langage de rue branché et à son humour brutal, il est devenu le plus célèbre des soldats blogueurs. Au bout de trois mois, les officiers de son unité l’ont obligé à fermer son blog, mais ses textes ont été republiés par des dizaines d’autres sites. Depuis, Colby Buzzell a quitté l’armée. Il a écrit un livre, My War, Killing Time in Iraq, sorti en octobre 2005.

Si tu veux savoir ce qu’est une mission d’observation en Irak, voici ce que tu dois faire : mets des bottes, un pantalon, un pull, des genouillères de skateboard, des gants ­ obligatoires dans mon unité, va savoir pourquoi. Prends ton casque de football et un énorme sac à dos (...) , un de ces gros trucs de campeur. Avec tout ça sur le dos, va au club de gym le plus proche. Entre dans la salle de muscu et jette un haltère de 20 kg dans ton sac. Non, soyons précis, ma mitrailleuse pèse 12,5 kg ; avec 400 à 600 cartouches, ça fait dans les 10 kg de plus, plus les deux plaques de céramique du gilet pare-balles qui pèsent 4 kg chacune. En plus tu as ton pistolet, ton couteau, ta trousse médicale, une caméra, les lunettes de vision nocturne, tout ce bordel que tu es obligé d’emporter. 35 kg en tout.

N’oublie pas de jeter aussi 4 bouteilles d’eau dans ton sac. OK, maintenant que tu as tes 40 kg et ton casque de football, entre dans le sauna. Là, ouvre un exemplaire de National Geographic, arrache la photo centrale, qui montre toujours un paysage de pays du tiers-monde, et accroche-là au mur. Assieds-toi dans le sauna avec tout ton bordel sur toi et regarde fixement la photo pendant huit, dix ou douze heures...

Colby raconte une journée de combat dans un texte de huit pages.

Extraits.

J’étais dans ma chambre en train de bouquiner quand les mortiers ont commencé à frapper la base. D’habitude, nous recevons un obus ou deux, mais cette fois l’attaque a duré presque vingt minutes. (...) Soudain, mon voisin de chambre pousse la porte violemment et hurle : "Va chercher tes hommes, va au parking, tout le bataillon part au combat !" Merde ! Tout le bataillon ? Grosse affaire.

Un par un les Strykers (automitrailleuses) sortent de la base, prêts à pourchasser ces mecs qui venaient nous emmerder. Les soldats sifflent et hurlent, ils poussent leurs cris de guerre indiens tout en chargeant leurs armes.

Le Stryker de Colby doit aller sécuriser un pont .

D’un seul coup, je vois des bandes de types tout en noir, au moins deux douzaines, sur les toits, dans les allées, le long des bâtiments, par les fenêtres. Ils sortent de nulle part et se mettent à tirer avec des lance-roquettes et des AK47. Je flippe complètement et je me cache dans la trappe en hurlant : "Il y a des putains de hadjis partout, bordel !" (...) Toutes sortes d’explosions monstres, dingues, comme dans un film d’Hollywood. J’avais si peur, je ne savais pas qu’on pouvait avoir aussi peur, je me disais, ça y est, je suis mort. Je ne trouve pas les mots pour expliquer à quel point j’ai eu peur. (...) Le véhicule devant moi est frappé par trois roquettes. Je perds la boule, je hurle, je dis n’importe quoi, surtout des injures. Puis je me mets à mitrailler dans tous les sens. (...)

Le Stryker de Colby réussit à se sortir de l’embuscade.

Nous arrivons au pont (...) mais, aussitôt, on nous ordonne de retourner au milieu du traquenard. Je ne vais pas mentir, je ne voulais plus y aller. Merde, bordel, je ne veux pas mourir, c’est le dernier endroit où j’ai envie d’être. Mais nous devions y retourner, et nous l’avons fait. (...) Soudain, je vois deux types à 300 mètres qui se faufilent derrière un tas de pneus de camions. A leur façon de bouger, je suis sûr qu’ils préparent quelque chose. J’ajuste mon viseur, mais je ne tire pas, je ne vois pas d’armes sur eux. Aussitôt, un autre type les rejoint avec un lance-grenades. A nouveau, je me mets à flipper et je hurle : "Laaance-grenaaade !" Mes mains tremblent comme des folles, mon viseur saute dans tous les sens. Je réussis à me contrôler, j’ajuste mon tir et je leur envoie une rafale. (...) Après ça, je n’ai plus vu personne bouger derrière le tas de pneus. (...)

Citation du jour : je veux juste que cette journée finisse.

PS : je ne crois pas que la dépêche de CNN faisant état de seulement 12 morts soit exacte.

Les psychopathes qui nous ont attaqués l’autre jour étaient membres d’Al-Qaida. Notre commandant (...) est venu nous dire qu’il était fier de nous. Il nous a aussi annoncé que les hommes en noir étaient en fait des rebelles venus d’Iran. (...) Ensuite, je suis parti en mission d’observation. C’était bizarre de quitter le camp, j’étais super-parano, je matais partout pour repérer des types habillés en noir. D’ailleurs, c’est quoi leur trip, avec ces fringues noires ? Ces mecs sont des terroristes gothiques ou quoi ?

J’ai un nouveau dans mon équipe. Sur le mur de sa chambre, il a accroché une photo de la ferme où il a grandi et des tas de citations de la Bible. Il a l’air d’avoir à peine 18 ans. Quand ils l’ont amené, ils lui avaient attaché son fusil avec une corde passée autour de sa taille. Il avait abandonné son arme sans surveillance, alors, pour lui apprendre à ne plus faire ça et pour le punir, ils l’ont ligoté de cette façon. Je le dis toujours : si tu as un problème, l’armée a la solution.

Colby emmène le nouveau en patrouille de nuit.

Un type s’est approché, il s’est mis à hurler en arabe, a chargé son arme et s’est mis à tirer. (...) On a riposté et on l’a buté. Dans les films, quand ils tuent quelqu’un, ils abandonnent le cadavre et continuent leur mission. Pas nous. On ne travaille pas de cette façon, on prend soin de nos morts. Nous avons mis le type dans un sac à viande et nous l’avons jeté à l’arrière du véhicule pour le déposer au poste de police le plus proche. Le nouveau faisait partie de la corvée. Dès qu’ils ont placé le corps, le véhicule s’est rempli d’une odeur terrible, on peut dire que ça puait la mort. La fermeture éclair du sac était cassée, le sang coulait partout.De retour à la base, tout le monde est allé à la cantine manger avant que ça ferme. Le nouveau a dit qu’il n’avait pas faim et il est allé se coucher.

cbftw.blogspot.com

BEN FLANDERS

Camp Cooke, Taji (au nord de Bagdad). Juin 2005.

Soudain, une fillette d’une dizaine d’années portant un tee-shirt turquoise est sortie en courant d’un groupe d’enfants. (...) Elle a jeté un coup d’œil vers un convoi qui roulait vers le camp et a traversé la rue, sans voir notre Humvee arriver dans l’autre sens. Nous n’avions aucune place pour manœuvrer ; mon chauffeur a frôlé le convoi, mais cela n’a pas suffi. Le corps de la fillette a heurté le rétroviseur et l’aile de notre véhicule, avec un bruit violent. Tout est devenu bruyant et confus. (...) Je suis resté assis à l’arrière, j’ai regardé par la vitre (...) , je ne voulais pas penser à ce qui venait d’arriver. Puis je suis sorti. Le mitrailleur a crié mon nom et m’a tendu une trousse de secours. J’ai couru vers elle (...) , mais un sergent, un homme plus âgé, était déjà au travail. Ça ne ressemblait pas du tout à mes cours de secourisme, ce n’était pas un mannequin couché sur le dos. Elle était recroquevillée, toute petite, du sang sortait de sa bouche, de son nez et de ses oreilles. (...) Ce n’était ni le lieu ni le moment de pleurnicher, alors j’ai secoué la tête et je me suis éloigné.

J’ai regardé autour de moi et j’ai vu une autre fillette, un peu plus jeune que celle qui avait eu l’accident. Elle portait des vêtements traditionnels sombres, une veste noire avec des épaulettes et un foulard assorti. Ses bras étaient raides et sa bouche grande ouverte. Elle respirait fort, elle semblait trop choquée pour pleurer. Puis elle me regarda, et je la regardai. Je pensais : il faut que j’aille la voir, la prendre dans mes bras ou lui donner une tape dans le dos et lui dire que sa copine allait s’en sortir. Je ne sais pas pourquoi, et je le regrette sans arrêt, mais je me suis éloigné.

www.optruth.com

DANIEL GOETZ

Samarra. Engagé pour cinq ans, Daniel Goetz est retenu dans l’armée contre son gré pour une sixième année . Avril à octobre 2005.

Je suis allé voir un psy. Je crois que j’ai besoin d’aide, car j’ai envie de voir mourir tous les gens que je connais. (...) Je pensais que des drogues allaient me remettre d’aplomb. J’avais entendu dire que le service de santé mentale distribuait des antidépresseurs à la louche pour les soldats qui sont maintenus ici de force après leur temps réglementaire. Mais, dès que j’ai vu la psy avec son bloc-notes, j’ai compris que je n’allais pas avoir de drogues. Son sourire radieux et attentionné aide sans doute ceux qui cherchent une maman. Moi, je cherchais des médicaments. (...) Elle a conclu que mon souhait de voir mourir tous ceux que je connais n’est qu’un problème d’ajustement. Ha, Ha ! (...) Comment expliquer à cette femme au sourire factice tes sensations quand tu entends une balle siffler au-dessus de ta tête, ou la panique qui te submerge et t’empêche de respirer quand une roquette touche ton bâtiment ?

Question : "Tu es en Irak ou pas ? Alors pourquoi ne parles-tu jamais des attentats et de la situation politique ?" Réponse : "Si je parlais politique ouvertement et honnêtement, je m’exposerais à des représailles au sein de l’armée." Alors pour l’Irak, oui, ça craint d’être ici, des bombes sautent sans arrêt, chaque jour des gens se font tuer sur le pas de ma porte. Mais je suis en plein déni psychologique : je suis disposé à admettre que je suis ici, mais seulement à un niveau très superficiel.

Daniel a visité la "zone verte" de Bagdad.

Ils ont fait venir des travailleurs de pays du tiers-monde pour faire la cuisine, la lessive, nettoyer leurs toilettes (...) , tout ça pour un salaire tellement bas que ça me rend malade rien que d’y penser. Pendant ce temps, leurs seigneurs et maîtres américains [les contractuels civils] se cachent dans leur 4 × 4 tout neufs. (...) Ils se prélassent, avec la climatisation à fond, et gagnent 500 fois plus que ceux qui travaillent à leur place. Nous avons envahi l’Irak pour quoi faire ? Pour réduire les Bangladais en esclavage ? Je suppose que vous n’entendez pas parler de ça sur Fox News.Pour tuer le temps, Daniel cherche du travail via Internet.

J’ai publié mon CV sur le Web. Allez, embauchez-moi, je ferai n’importe quoi, vraiment. Dans l’armée, j’ai déjà tout fait, pour moins que le smic. Une fois ici, j’ai eu la jambe brisée, je marchais avec un plâtre et des béquilles, et ils m’ont obligé à décaper un parquet : "Pour garder l’équilibre, sers-toi du tampon", voilà ce qu’ils m’ont dit.

Je ne suis pas seul dans ma colère et mon humiliation. L’ambiance de mécontentement est épaisse et contagieuse. Même les soldats qui n’ont pas été gardés de force ressentent la Trahison, ils savent que ça pourra aussi leur arriver. Si je n’avais pas été gardé dans l’armée de force, je serais chez moi en ce moment. Il est 5 heures du soir en Floride. Je serais en train de finir mon travail. EN CE MOMENT. Je rentrerais chez moi, je m’arrêterais pour acheter de la bière, et quelque chose pour ma fiancée Holly, et elle nous préparerait son délicieux poulet farci. EN CE MOMENT. Je serais...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
hiram
Langue pendue
avatar

Nombre de messages : 85
Date d'inscription : 08/08/2005

MessageSujet: Re: Paroles de GI...   Mer 2 Nov - 16:31

Je vois qu'on s'amuse bien grâce à papa bush. Le même droit d'ingérence pourrait s'appliquer également aux pays produisant du pavôt. Et arrêtons de dire que c'est là la seule richesse de ces pays, à ce que je sache la pomme de terre vient bien de ces régions.

Donc l'équipe Bush pour asseoir sa mainmise sur le pétrole a envoyé ses jeunes se faire tirer dessus, bravo cheers , manque plus qu'une petite invasion du Vénézuéla, celle-là, je pense qu'elle est déjà programmée par les faucons Wink ..............et le motif de l'ingérence sera Vénézuéla narco-état. Laughing
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Paroles de GI...
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Rejetons les paroles sans valeurs de ce monde éloigné de Dieu
» Colonel Reyel - Toutes les nuits - Paroles
» Petit bout de paroles dans la tête
» "Paroles d'adolescents ou la Carapace du homard"
» Ces paroles que je t’ordonne aujourd’hui devront être sur ton cœur. — Deut. 6:6.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ASSOCIATION HENRI LAGRANGE :: TRIBUNE LIBRE-
Sauter vers: